lorsqu'un enfant intellectuellement précoce est détecté dans une famille, il faut se poser la question pour ses frères et soeurs, même s'ils ne le seront pas forcément. De même, des parents surdoués ont plus de chances d'avoir des enfants surdoués, d'autant plus si le père et la mère le sont tous les deux.

Cette origine génétique semble logique : la précocité intellectuelle possède des bases neurobiologiques importantes. Ainsi, les enfants surdoués ont un traitement de l'information plus rapide, plus intuitif et une meilleure mémoire. Une étude menée par le Dr Magnié, neurologue au CHU de Nice a également montré que ces enfants avaient des ressources attentionnelles plus importantes. De plus, leur motricité est plus développée dans les premières années de vie : ils marchent plus tôt et l'apparition du langage est plus précoce.

ces enfants sont plus fragiles psychologiquement : ce sont des "hypersensibles". Cela les rend plus anxieux, voire même plus dépressifs que les autres enfants. En ce qui concerne leur "isolement", il ne faut pas oublier que ces enfants ont un décalage intellectuel par rapport à leurs camarades du même âge. Ils peuvent alors être rejetés mais certains s'intègrent parfaitement. Il faut savoir qu'il n'y a pas de modèle unique de l'enfant précoce, même si cette fragilité particulière est réelle. Chaque cas est unique.
Longtemps ignoré, le problème a été pris en compte par l’Education nationale en 1987 par la création de quatre classes expérimentales. Puis cette expérience a été rapidement abandonnée et c’est une structure privée qui a pris la relève à Nice et a fait ensuite école dans d’autres villes.
Parallèlement, de nombreux enseignants, conscients des problèmes posés, demandaient le passage de ces écoliers dans une classe supérieure. Enfin, depuis la loi d’orientation pour l’avenir de l’école de mai 2005, l’enfant surdoué doit être reconnu et pris en charge par le système scolaire public. C’est le sens de la circulaire du 17 octobre 2007 intitulée « Parcours scolaire des élèves intellectuellement précoces ou manifestant des aptitudes particulières à l’école et au collège ». Ces textes proposent des accueils adaptés, une détection précoce, l’information des parents ainsi que la formation des enseignants . En cas de difficultés, il faut prendre contact avec l’Inspection académique pour les écoliers et les collégiens et le Rectorat pour les lycéens les plus proches du domicile. Notons que les enseignants sont de plus en plus sollicités. Leurs tâches augmentent sans cesse, informatique, Internet, enfants handicapés, enfants intellectuellement précoces. Quels moyens financiers et humains peuvent être mis à leur disposition pour accomplir ces nouvelles missions ?
La France n’est pas le seul pays développé en difficulté face à ce problème. Selon un témoignage, aux Pays-bas, la prise en charge de certains enfants précoces se passe dans de très mauvaises conditions . Aux Etats-Unis, en Israël et en Chine les enfants surdoués sont réunis en classes particulières participant ainsi le plus rapidement possible au développement scientifique et technologique de ces pays.
Comme pour les enfants handicapés, la réponse n’est pas simple, maintien en milieu ordinaire ou mise en place dans des structures adaptées ? Développement personnel harmonieux ou mise au service rapide des institutions scientifiques ? Nous sommes réellement confrontés à un problème de moyens et d’éthique.